Les enfants des autres

Quand on essaie de faire un enfant et que celui ci tarde à venir, c’est parfois difficile de voir les enfants des autres.
C’est parfois difficile de voir certains nous narguer (oui, dans certains cas, c’est vraiment narguer) avec leur bébé tout neuf qu’ils ont fait sans même y penser.

Bon, de mon côté, c’est quand même assez rare qu’on me nargue. Les proches au courant de nos aventures sont délicats et attentionnés avec moi.
Les autres, je les ai déjà tellement envoyés chier quand ils me demandaient « alooooooooooooooors ? vous vous y mettez quand ? mais si mais si, il FAUT faire des enfants voyons… » qu’ils n’osent plus rien me dire.

Il y a les moins proches : « Regaaaaaaardes les photos de mon p’tit neveux, tu trouves pas qu’il est adoraaaable » (euh si, il est très mignon, m’enfin je le verrai jamais autrement qu’en photos alors je m’en fiche un peu à vrai dire)
Même pas mal, j’arrive à garder un sourire coincé.

En allant de blog en blog, je lis des nanas qui essaient de faire des bébés depuis plus ou moins longtemps que moi. Certaines sont tellement malheureuses de cette attente qu’elles ne supportent plus de voir un enfant dans la rue, ou au supermarché.
Sincèrement, j’espère ne jamais en arriver là. Pour le moment, j’en suis loin : la vue d’un petit me fait toujours sourire niaisement (avec un petit pincement au cœur il est vrai, je me demande toujours si ça sera notre tour un jour)

Et tout ça me fait penser à un souvenir d’enfance vraiment pas joyeux.

Quand j’avais environs 6-7 ans, ma tante désirait avoir un enfant. Seulement voilà, elle était stérile. Vraiment stérile, avec causes médicales à l’appui. Impossible pour elle de faire un bébé. Et la FIV n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, rien à espérer non plus de ce côté là.
Elle a fini par se lancer dans un parcours d’adoption (parcours lui aussi long et difficile).
Cependant, tant que cet enfant dont elle révait ne venait pas, elle avait développé une sorte d’aversion pour les enfants des autres. TOUS les enfants des autres. Y compris mon frère et moi (sa filleule au passage…)
A tel point que lorsqu’elle venait chez nous, elle venait lorsque nous dormions. Et nous ne devions surtout pas sortir de notre chambre lorsqu’elle était là.

Je me souviens de ma tristesse de petite fille, parfaitement au courant de la situation. Je comprenais très bien que cela rende ma tante malheureuse de ne pas voir d’enfants mais je ne comprenais pas pourquoi elle rejetait ses propres neveu et nièce, sa famille.
J’espère vraiment ne jamais infliger ce genre de peine à un enfant de mon entourage. Même si l’enfant dont je rève doit encore mettre du temps à arriver. Même si peut être de nouvelles épreuves nous attendent.

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3 réflexions sur “Les enfants des autres

  1. Je te comprends. J’espère que jamais je me comporterai comme ça, si jamais ça venait à tarder… En attendant je te souhaite de passer un très très bon Noël avec des bons fruits de mer 🙂

  2. Pingback: A distance | Procrastineries

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