J’ai allaité, j’allaite (et j’allaiterai)

Ces moments là...

Ces moments là…

J’ai commencé ce post il y a bien longtemps : PetitChat avait un mois à peine. Je n’y avais pas touché depuis.
Pourtant, il y a un longtemps que j’ai l’envie d’écrire sur mon allaitement, de raconter ces instants partagés à deux, puis à trois et maintenant de nouveau à deux.

Le moment est venu.
(Et le fait que la Semaine Mondiale de l4allaitement Maternel ait lieu justement en ce moment n’est qu’une simple coïncidence)

On m’aurait dit il y a quelques années que je co allaiterais mes deux enfants, je n’y aurais pas cru.
Et pourtant…

(Attention, post fleuve et complètement décousu – bravo à celles / ceux qui liront tout)

Si aujourd’hui allaiter mes enfants me semble une évidence, ça n’a pas toujours été le cas.
En attendant qu’un fœtus élise domicile dans mon utérus, j’ai beaucoup lu sur ce sujet, comme je lisais sur tout ce qui touchait à la puériculture en bavant d’envie sur les bébés de mes copines).
Et si au départ, choisir le sein ou le biberon me semblait aussi anodin que le choix d’une poussette, je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas.
J’ai été impressionnée par les levées de boucliers autour de ce sujet.

J’ai lu donc, et je me suis documentée. Et j’ai fait un choix, MON choix. Basé sur des arguments scientifiques mais aussi sur mon ressenti, la relation que je souhaitais avoir avec mon futur bébé…
Ces critères là sont très personnels, pas forcément rationnels.

Enceinte de MiA, je m’étais préparée psychologiquement a tout ce qui peut faire foirer un allaitement : montée de lait douloureuse ou absente, crevasse, engorgements, REF, pics de croissance et grève de la tétée. J’avais lu le pire de ce qui pouvait arriver, merci Docti.
Et j’étais persuadée que j’allais rencontrer tout ou partie de ces difficultés.
Bon heureusement, j’avais aussi lu le très bon livre du docteur Marie Thirion : l’allaitement de la naissance au sevrage (en vrai je n’ai lu la partie sevrage que bien plus tard). Ce livre aborde toutes ces difficultés mais explique qu’elles sont surmontables. Il m’a beaucoup apaisée.

Pour MiA, je n’ai finalement rencontré aucune de ces difficultés. Montée de lait pas douloureuse du tout, pas de crevasses et a peine un petit engorgement une fois.
Elle a toujours adoré téter et a toujours su le faire sans aucun problème.
La seule chose qui a été dure pour moi a été de tirer mon lait a la reprise du travail.
J’ai donc atteint assez facilement mon premier objectif : allaitement exclusif jusque 6 mois. Et même un peu plus, la demoiselle n’était pas très intéressée par la nourriture solide.
J’ai tiré mon lait jusque ses 13 mois, sur la fin ça a été difficile, les quantités n’étaient pas au rendez vous, c’était déprimant et démotivant. Raccrocher le tire lait a ce moment la a été un soulagement.
MiA était bien diversifiée, mangeait de tout et continuait a téter avec bonheur quand nous étions ensemble.

Je ne voyais aucune raison de lui imposer un sevrage dont elle ne voulait pas et dont je ne voulais pas non plus. On aime ça toutes les deux alors on continue.
Et puis PetitChat est venu s’installer au creux de moi. Et MiA a continuer de téter, le soir surtout. Le manque de lait, le changement de goût n’ont pas eu l’air de la déranger.
Moi j’ai eu mal aux tétons, surtout les 3 premiers mois. Puis c’est allé mieux. Et je ne me voyais toujours pas la sevrer à ce moment là. Pour moi, lui dire « tu dois arrêter de téter car il y a un bébé dans le ventre de ta maman et bientôt c’est lui qui tétera » c’était juste impensable. Le meilleur moyen de lui faire détester ce bébé avant même qu’il ne naisse.
Alors on a continué.
EDIT : sur l’allaitement au cours de la grossesse, Okaasan vient de publier un très bel article, qui explique très bien la physiologie de l’allaitement enceinte et pourquoi ça pourrait, dans de très rares cas, poser problèmes.

Quand PetitChat est né, MiA a continué de téter.
Elle a recommencé à téter le matin, continué à téter le soir et avant la sieste si j’étais présente.
Elle aurait même bien tété plus, surtout au début mais j’ai rapidement limité à ces 3 tétées là, de peur de ne passer mon temps qu’à ça.
Nos relations à ce moment là étaient compliquées et l’allaitement a, je crois, permis de maintenir un lien entre nous.

Le fait qu’elle tête, avec sa succion de petite fille de 2 ans passé a je pense bien participé à ma montée de lait et n’est pas étranger au REF que j’ai eu les premiers temps. Elle a d’ailleurs parfois fait les frais de ce REF et des projections de lait dans toutes les direction.

Par la suite, on a supprimé la tétée du soir car elle retardait inutilement l’heure de son coucher puis celle d’avant la sieste.
On est longtemps restés à une tétée par jour le matin. Elle n’en réclamait jamais d’autre et parfois elle l’oubliait.

Pendant ce temps, PetitChat grandissait et tétait à volonté.
Comme pour sa sœur, j’ai tiré mon lait à la reprise du travail. Meilleure lactation, meilleur tire lait ou encore le fait que j’ai passé beaucoup de temps à la maison, j’étais beaucoup plus productive pour lui.
J’ai rangé le tire lait juste avant son premier anniversaire. Je débutais alors une nouvelle mission et n’avais pas envie de mettre en place la pause tire-lait au bureau, sachant que ce serait pour peu de temps.
Le stock de lait congelé que j’avais pour lui m’a permis de fournir encore un biberon par jour jusqu’à ses 14 mois.

Cet été, j’ai sevré MiA, un peu à contre cœur il faut bien le dire, car c’est une décision que je lui ai imposé.
Comme toujours avec elle, une fois la décision prise (par moi), la mise en application fut rapide : en moins d’une semaine elle ne réclamait plus.
Ce sevrage me laisse un petit gout amer car c’est moi qui le lui ai imposé, même si elle l’a accepté sans trop de difficulté.
Elle aura donc été allaitée 3 ans et 8 mois environs.

Aujourd’hui PetitChat a 20 mois.
Il est complètement diversifié, mange des morceaux et manie très bien la fourchette et la cuiller.
Il tête encore le matin, le soir quand je rentre et avant de dormir. Il tête aussi beaucoup pendant la sieste lorsque je suis là.

Je ne sais pas combien de temps encore il tétera, ni qui de lui ou de moi décidera du sevrage. Peu importe. Je sais désormais que quand le moment sera venu, nous tournerons cette page sans regret ni lui ni moi.

Aujourd’hui, cela fait presque 4 ans que j’allaite. J’ai allaité enceinte et co allaité pendant 17 mois.
Alors pourquoi est ce que je raconte tout ça maintenant ?

Parce que j’ai récemment été attaquée sur la longueur de l’allaitement de ma fille.
J’ai été accusée d’être une mère abusive, trop permissive, qui ne sait pas dire non parce que j’avais décidé de ne pas imposer un sevrage à ma fille, parce que je voulais qu’il vienne aussi d’elle.

Je n’ai rien pu / su dire sur le moment mais je ne me reconnais pas du tout dans l’image de cette mère passive qui laisse sa fille faire ce qu’elle veut.
J’ai allaité ma fille longtemps, je l’ai allaitée enceinte et je l’ai co allaité. Ce n’était pas un choix prémédité, c’était un choix dicté par les circonstances, un choix fait au fur et à mesure. Un choix que j’assume et que je ne renie pas.

L’allaitement n’a pas fait de mes enfants des êtres dépendants et craintifs, cachés dans les jupes de leur mère en permanence comme cela a été suggéré.
J’ai même envie de dire au contraire, bien au contraire.
L’un comme l’autre, et PetitChat peut être encore plus que MiA, sont autonomes, n’ont pas peur d’aller vers les autres.

L’allaitement n’a pas empêché mes enfants d’être diversifiés, même s’ils ont tous les deux eu un peu de mal au début. Maintenant ce sont deux enfants qui dévorent.
Et les allaiter m’a permis de lâcher prise sur les quantités bues puisqu’il n’y a pas de graduation sur les nichons. Ils s’arrêtent quand ils n’ont plus faim quitte à revenir 15 minutes plus tard si le besoin s’en fait ressentir.
Ça m’a permis de sortir avec eux sans me prendre la tête sur les horaires, sans avoir à anticiper les repas puisque j’avais tout ce qu’il fallait disponible et déjà prêt.
Ça m’a permis de leur faire confiance sur les quantités prises au sein mais aussi en solide, en me disant que s’ils mangent peu à un repas, ils mangeront plus au suivant (même si j’ai énormément de mal quand c’est VRAIMENT peu)
Ça ne m’a par contre pas empêche de stresser sur les quantités de lait tiré et bues au bib. La mère juive en moi a toujours peur qu’ils n’aient pas assez, c’est physique je crois.

Je suis plus proche de la fin que du début de cette aventure et malgré les moments de doutes, malgré de grosses remises en question, je ne regrette pas.
Je suis fière d’avoir allaité mes enfants longtemps et je garde l’image des mes 2 enfants en train de téter en même temps bien précieusement dans mon cœur. Ces moments de complicité partagée me sont précieux et je pense qu’ils le sont pour eux aussi.

(si tuas tout lu jusqu’au bout, merci. et si tu as envie de me laisser un petit mot n’hésite pas)

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21 réflexions sur “J’ai allaité, j’allaite (et j’allaiterai)

  1. Et justement on sent dans ton billet la douceur de ces moments… c’est moi aussi ce que j’en retiens pour mon expérience personnelle.
    La chose qu’on ne peut pas toucher du doigt tant qu’on ne l’a pas vécue, et la seule qui devrait rentrer en ligne de compte quand on prend la décision. Mais comment savoir à l’avance?
    Je ne te trouve pas permissive ou passive moi. Une seule tétée par jour qu’est-ce-que c’est? Et celle du réveil, la plus précieuse.
    Tu as laissé venir le temps, et vu arriver les choses et les changements au fur-et-à mesure, c’est la meilleure façon de procéder je crois : ne pas se bloquer avec des objectifs à tenir ou des délais. Cela occasionne trop de stress.
    Je t’embrasse et je te souhaite une belle suite d’allaitement avec ton fils…

    • Merci.

      Effectivement, je n’avais pas d’objectif précis, en dehors des 6 mois d’allaitement exclusif auquel je tenais vraiment.
      Je voulais aussi absolument éviter le lait artificiel. Ma fille a eu un peu de lait de croissance à un moment (dont elle aurait en fait pu largement se passer avec le recul). Mon fils non.

      Gros bisous toi aussi ❤

    • Merci, Je suis fière (un peu), surtout de ne pas m’être laissé imposer un sevrage dont je ne voulais pas, en particulier lorsque j’étais enceinte.
      Ceci dit, le co allaitement n’a pas toujours été facile, en particulier au début où ma fille voulait téter à chaque fois que son frère tétait.
      Par contre les tétées en même temps étaient vraiment de chouettes moments et rien que pour ça, ça valait le coup.

  2. Je suis contente que tu aies publié. Je trouve que c’est important d’avoir autant de témoignages que possible sur l’allaitement, pour qu’on puisse comprendre à quel point un allaitement ne ressemble pas à un autre. C’est un morceau de vie avec plein de cas possibles. Je te souhaite de pouvoir continuer à faire les choses comme tu le sens car c’est ainsi qu’on ne regrette rien. Bisous 🙂

  3. Très touchant.
    Pour ma part j’ai allaité mon grand jusqu’à la veille de ses 7 mois car souffrant de migraines je voulais reprendre les anti-inflammatoires, choix purement égoïste que je regrette beaucoup. Pour Miniemiss j’ai voulu faire plus long mais cette dépendance à moi posait quelques problèmes d’intendance, et on a arrêté juste avant que je tienne un stand au marché de Noël de l’école pour que son père puisse gérer seul
    Je regrette tellement cette fin brutale, qui a finalement être très bien acceptée par ma fille mais pas par moi…
    Je ne pense pas que j’aurais allaité au delà d’un an, enfin je ne sais pas et je ne saurais jamais !

  4. On sent toute la pression sociale dans votre post. Vous l’avez ignorée et vous avez bien fait : chacun fait bien comme il l’entend.

    • Merci pour ce message.
      Ce qui est amusant avec la pression sociale autour de l’allaitement, c’est que de toutes façons on ne fait jamais ce qu’il faut. alors tant qu’à avoir tout faux, autant faire ce qu’on veut hein.
      (je m’étais pas mal blindée pour faire face aux remarques des gens mais finalement, je n’en ai pas tellement eu, hormis récemment. J’ai dû leur faire peur, je ne vois que ça)

        • Possible.
          Mais surtout l’habitude de l’allaitement a complètement été perdue. Le paradoxe est que l’allaitement apparait aux yeux de la société moderne occidentale comme « nouveau » alors que cela existe depuis la nuit des temps (et accessoirement c’est qui nous permet d’être là)

          • Par une association d’idée un peu bizarre, votre commentaire me fait penser à un texte dans lequel un personnage, qui n’a pas d’enfant, se dit qu’avec lui va s’interrompre une lignée née avec l’humanité. J’y avais jamais pensé, mais c’est vraiment troublant comme idée.

  5. J’ai lu jusqu’au bout, ce n’était pas décousu du tout! 🙂
    A ce jour, tu es la seule courageuse que je connaisse à avoir mener de front un co-allaitement! Respect!

    • Est ce du courage ou de l’inconscience ?
      Je suis sure qu’il y a plus de mamans qui co allaitent que ce qu’on pense. Je suis restée assez discrète là dessus, même (et surtout) IRL par peur du regard des gens. A tort peut être ?
      Merci ❤

      • Ecoute, tu l’as senti comme ça à ce moment-là. Et c’est compréhensible parce que le regard des gens peut être très dur. Tu ressentiras peut-être l’envie de l’afficher plus ouvertement à l’avenir, pour montrer que c’est possible, que c’est pas dangereux, que c’est pas malsain. 😉

        • On se (je me) laisse trop atteindre par le regard des autres je crois.
          Finalement, si ce post sert un peu à démystifier l’allaitement long et le co allaitement, ça sera déjà pas mal.

  6. Comme je me reconnais en toi! Même vécu de l’allaitement (mais #babylove s’est sevré à 11mois de lui même), mêmes attaques au sujet de la mère abusive, de l’enfant soit disant introverti (y’a pas plus tourné vers l’extérieur que lui) et toutes ces conneries, tous ces reproches… Pourquoi bon sang? Pourquoi, alors que c’est la chose la plus naturelle au monde, on nous attaque ainsi…?
    Tu as assuré et tu assures toujours. Tu es très admirable en cela!!

    • Merci beaucoup pour ton message.
      L’allaitement est en effet la chose la plus naturelle au monde, sauf que nous avons perdu ce naturel.
      Et comme tout ce qui nous semble étrange nous gène, les gens préfèrent attaquer, nous mettre mal à l’aise pour ne pas se sentir mal à l’aise.

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