Menteuse

Questions sans réponse

Questions sans réponse

A ma famille, à mes amis proches ou moins proches, je mens.
A la boulangère, la nounou de mon fils, la maitresse de ma fille, les parents que je croise à l’école ou au parc, les voisins, les commerçants, je mens.
A mes collègues au bureau, je mens.

Je mens par omission, je mens par facilité.

Parce que quand on me demande « ça va ? », c’est bien plus facile de répondre « oui » et de ne rien ajouter.

Parce que quand je réponds « non, ça ne va pas » viennent les questions, les pourquoi, les comment, les qu’est ce que tu vas faire ?
Parce que je n’ai pas toujours la réponse, parce que je n’ai pas toujours envie de la donner.
Parce qu’une question entraine toujours encore une autre question, et encore une autre.
Parce que les larmes ne sont jamais loin.

Parce que quand je dis « non ça ne va pas » viennent les regards de pitié, « Oh la pauvre » et l’air inquiet. C’est peut être contagieux ?
Parfois viennent aussi les regards admiratifs « mais comment fais tu ? moi je ne pourrais pas ». Moi non plus je ne peux pas. Je n’ai pas le choix. Je vis chaque journée sans penser à la suivante, j’accomplis chaque tache mécaniquement, parce qu’il faut le faire, parce que personne ne le fera à ma place.

Et puis après tout, ce n’est pas si grave. Après tout, tout le monde est en bonne santé, personne n’est mort. Alors passe à autre chose.
Pourquoi est ce que je ne peux pas simplement tourner la page et continuer ma route comme si de rien n’était ?

Quand on me demande « ça va ? » Je réponds « oui, oui » en rentrant la tête dans les épaules et en espérant qu’on ne m’en demande pas plus.
Je parle de choses et d’autres, je fais comme si de rien n’était.
Je mens par omission.
Je me donne l’illusion de la normalité pour quelques instants.

Publicités

13 réflexions sur “Menteuse

  1. Des gros bisous à toi
    Oui il faut avancer, un pas après l’autre. Plus tu a avanceras et plus les pas seront faciles (enfin moins dur quoi) à faire
    Tu as tes enfants, ton travail, une situation plutôt stable
    Dans quelques temps tu y verras plus clair

  2. Et ? Honnêtement, la plupart des gens qui demandent si ça va le font par politesse (et c’est assez agaçant, autant parler météo ^^), alors on leur répond par la politesse (imposer ses sentiments est considéré comme un acte impoli mettant mal à l’aise l’interlocuteur). C’est froid, mais c’est comme ça… Tu peux aussi choisir de ne pas répondre et disant directement « et vous ? » c’est quelque chose que je fais souvent. Je ne mens pas, l’autre ne relève pas, tout le monde s’en sort si je puis dire…
    En fait l’important c’est surtout de pouvoir dire la vérité à ceux qui savent t’écouter, t’écouter vraiment, accueillir tes émotions sans chercher de solution, parce que quand on va mal c’est tout ce qui peut nous aider vraiment ❤
    (Si tu tournais la page et continuais comme si de rien n'était, tu commettrais le mensonge le plus grave, le mensonge envers toi-même. )

    • J’élude, je ne réponds pas, je fuis.

      Le vrai problème c’est ça : dire la vérité à ceux qui savent t’écouter.
      Parce qu’il n’y a pas, ou très peu, de gens IRL à qui j’arrive à dire la vérité. Je ne sais pas si c’est parce que les gens de mon entourage ne savent pas m’écouter ou si c’est moi qui suis incapable de parler, de lâcher prise suffisamment pour libérer mes émotions.
      Le fait est que quelle qu’en soit la raison je suis très seule et je ne sais pas comment m’y prendre pour briser cet isolement. (écho à ton billet de l’autre jour)

      • J’aimerais pouvoir t’apporter une réponse. Enfin, je suis arrivée sur des réponses, mais je ne sais pas si elles sont justes. Alors la suite est à prendre avec des pincettes…
        Mon sentiment est qu’on est toujours seul avec ses gros problèmes. Même si on trouve quelqu’un qui les écoute entièrement, ce qui est déjà bien difficile, sa compassion est toujours limitée par son propre vécu. Et il ne peut introduire une aide dans notre esprit si on n’a pas fait le chemin nécessaire pour l’intégrer. Les solutions qui nous conviennent, le chemin qui nous convient, sont en nous et en nous seul. Je ne crois plus que cette forme de solitude soit due à un comportement qu’on pourrait se reprocher ou changer ; je vois plutôt ça maintenant comme une réalité de la vie, qu’on peut détester, mais qu’il nous faut accepter pour cesser de courir après des choses impossibles à obtenir et pour réussir à avancer sans perdre trop de temps à attendre quelque chose des autres.

        • Je suis arrivée à peu près à la même conclusion que toi.
          La seule personne sur laquelle je pouvais me reposer, m’appuyer me lâche. si je ne peux pas compter sur lui, c’est que je ne peux compter sur personne d’autre que moi même.
          Il faut que je me fasse à cette réalité et que j’apprenne à vivre de cette façon là.

  3. Oui, il ne faut compter que sur toi-même pour avancer, certes, mais quand même, avoir une ou deux oreilles attentives et non jugeantes pour y déverser le trop plein de tristesse/peur/ressentiment/questionnement, ça fait du bien aussi.
    Même si concrètement, celles et ceux qui t’écouteront ne pourront pas changer grand’chose à ta situation…
    J’imagine que le blog doit partiellement jouer ce rôle, enfin, j’espère que ça te permet de vider un peu ton sac.

    • Heureusement que j’ai le blog (avec celles qui me suivent depuis la première heure et dont tu fais partie) et Twitter pour y déverser une partie de ce que je ressens. (Merci merci à toi d’être là depuis tout ce temps ❤ )
      Au delà des mots, ce qui me manque parfois, c'est juste des bras dans lesquels me blottir et me réfugier. Ce sont les limites du virtuel.

  4. moi, mentir, je n’y arrive même plus… j’ai réussi pendant des années (avec les gens qui sont des amis, parfois j’avouais un peu qu’en fait ‘ça va pas tellement’ mais globalement j’arrivais à répondre à la question ‘ça va ?’ )
    Aujourd’hui, c’est totalement au dessus de mes forces… alors que j’ai bien moins de raisons que toi.
    La vie est pas juste, ma grande coupine elfe (à poil les elfes !!). Et on peut même pas lui en vouloir : elle a jamais été faîte pour l’être.
    Faut faire avec je crois. Tu as encore plein plein de force en toi (rien que le fait que tu arrives à mentir le prouve, puis tu as MiA et PetitChat qui sont là pour donner plein d’amour et de force) et avec cette force, ça va aller vers le mieux.
    Courage.
    Et plein de penser pour toi.
    à très vite

    • C’est du mensonge par omission hein, pas du grand mensonge élaboré.
      Le matin, je fais le tour des bureaux pour dire bonjour. Au « ça va ? » des collègues, soit je ne réponds pas, soit je demande « et toi ? » ou bien je dis « on fait aller. »

      Faut faire avec en effet, pas vraiment le choix.

      Merci toi d’être là.

  5. Pingback: Si ma vie était un film #53BilletsEn2015 #8 | Procrastineries

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s